Sida...

¤

Parce que je le trouve superbement bien fait même si certains le trouveront horrible.
Sida...

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 16:40

Laisser moi jouir en paix...

Laisser moi jouir en paix...



Les yeux révulsés. Le summum.


Juste : j'aime.

(toi?)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 05 décembre 2007 16:47

Commandes : 1.

Lettre ouverte :

Les individus, les relations, la société, le social. Tout ça c'est un peu comme de la bouffe. Petit dèj', déjeuner, dîner. Amitié, Amour, Baiser.
L'amour c'est trop compliqué. On sait jamais ce qu'on va manger. Parfois, le pti dèj est trop près et on a plus faim. Parfois, on a tellement la dalle qu'on s'enfilerait n'importe quoi. Parfois, on commence et puis c'est déjà fini. Le déjeuner c'est pas quelquechose de sûr. On va au R.U, à la cantine, on jamais ce qu'on va trouver dans notre assiette. On se résout un peu à avaler. On en laisse la moitié. Ca fini dans la poubelle collective.

Ca arrive jamais au dîner. Au dîner, on va au restaurant. Au s'empiffre dans des salles de ciné. On devrait manger léger. Etre rassasié de tout ce qu'on s'est déjà enfilé dans la journée. C'est toujours là que je mange le plus. C'est le soir qu'on fait les gros plats qui vous restent sur l'estomac et qu'on part digérer en allant se coucher. Le ventre plein. Rassasié. Repus. On se couche heureux. Cloué.

Le petit déj' c'est tout ou rien. Y'a ceux qui lui consacre 20min pour tout l'équilibre qu'il mérite et ceux qui prennent un yaourt à la va-vite parce qu'ils ont préféré plus tard se lever. Et puis y'a ceux qui le boudent. Qui disent qu'ils ont pas faim. Qu'ils mangeront plus tard. Ils ne se rattrapent même pas sur le déjeuner. Même pas sur le diner. Ces gens là, ils aiment pas la vie. Ils aiment pas manger.

Le mieux c'est le quatre heures. Là ou vous ne mangez que ce qui vous plaît. Pour combler un petit trou. Par gourmandise. Bonbons, verre de lait. Gâteaux. Chocolat.
C'est mon moment préféré.

Dans la vie, c'est ce qu'on devrait toujours avoir le quatre heure. Tout le monde serait heureux. Beaucoup n'en prennent pas. Ils font attention à leur ligne. Ils veulent surtout pas se faire plaisir.

Moi, jsui du genre grignotteuse. A avoir toujours faim. Avoir toujours quelquechose dans la bouche. Et puis, j'aime pas garder le goût des choses qu'on vient de becter. Un petit chewing gum à flatulences. Un sucre qui traîne.
Y'a pas de noms pour ces petites choses que j'invente à longueur de journée alors, on me traite de gourmande.
Je sais juste apprécier.

Est-ce que l'éthique a été inventée parce que les gens étaient malheureux ou est-ce que les gens sont malheureux parce que l'éthique est là ? Pourquoi on prendrait pas le petit déj' à la place du déjeuner ? Pourquoi on peut pas faire ce qu'on veut ? Pourquoi les gens s'énervent quand on mange pas à la bonne heure et pourquoi on nous prend pour des débringués ?

Les amis, c'est ceux qu'on respecte trop pour les baiser. Ca se mange souvent au déjeuner, très rarement au dîner. Les amours nous laissent toujours sur notre fin. Le sexe, c'est la fin de la journée. Y'a plus qu'à se coucher. Et à recommencer.

J'ai un problème de rythmes. J'fais des combinaisons. J'essaye de trouver les numéros. Et puis, je reprend le rythme quotidien. Pour pas me faire gronder.
Petit déj', déjeuner, dîner.
Commandes : 1.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 07:30

Modifié le jeudi 13 décembre 2007 08:06

2. Lettre adressée. Cela vous sied?

Quand les gens regardent le ciel, ils ne voient que du bleu, du gris, du ciel, des nuages, des couleurs, du soleil, ils ferment les yeux. Pragmatisme. Moi j'y cherche des formes, des mouvements, des rimes, des bruissements. Un renard et un canard. Une femme africaine dans les toilettes. Une tortue dans les bocages. Folle. Quand le soleil me brûle la pupille et que ma basse condition humaine m'oblige à la couvrir de ma paupière bien arrivée. J'observe les étoiles, tous les cercles que les rayons y ont laissé. Toutes ces petites choses qui vous hypnotisent à vous coller la nausée. Alors, on ouvre les yeux à nouveau et on se nourrit. De tout ce qu'on a à nous offrir. Y'a pas besoin de pinceaux et d'eau pour faire de l'art. l'Art il est partout, partout autour de nous.

Sur le chemin de la fac, en tram, on passe beaucoup de ponts ; je prends le temps de les regarder à chaque fois. Même pas par choix, par habitude. Je suis toujours très occupée, particulièrement dans le tram. Je n'aime pas les trajets, il faudrait toujours être arrivée. Ou ne jamais partir. Je parle, je chante, je pense, non, je ne danse pas. Je lis, je réfléchis, je maudis, je vis. Mais, quoi que je sois en train de faire, je tourne toujours la tête. Et je regarde, l'eau, les ondulations, les arbres, les bateaux. Je sais pas pourquoi j'ai toujours aimé l'eau, autant à regarder qu'à manipuler.

Hier, j'étais plus qu'heureuse d'avoir tourné la tête. Il faisait plus froid que les jours précédents. On sort de chez soi et on enfouit le nez dans son écharpe. Les mains plongées au fond des poches. Le bout des doigts qui commence à geler. Le bout des pieds aussi.
Je déteste l'hiver. En plus d'y avoir un froid complètement impossible à supporter pour moi – ça vous gèlerait les couilles d'un mammouth inexpérimenté – l'hiver ça casse tout. Toutes les couleurs des arbres, des plantes. Ca vous impose un gris inextricable dans le ciel. Y'a plus que le vent qui chante, quand il ne crie pas. Souvent il crie. Et il me casse les oreilles. Alors, planquée sous ma couette, je fais mine de ne pas l'écouter. Et, j'espère que le ciel pleurera ce soir là, enverra des goutellettes bercer mes méninges et calmer mes tympans. Bercer mes angoisses et mes excitations de la journée. Comme si chaque goutte venait sur mes soucis s'écraser.

Quand j'étais petite, je croyais que je pouvais contrôler le temps. Ca me fait sourire maintenant. J'ordonnais au temps d'arrêter de pleurer et il s'arrêtait, cela ne marchait pas toujours évidemment. Quand ça ne marchait pas, je devais partir du principe que ce jour là, Icar était inconsolable ou alors, que je n'étais pas assez convaicante.
Aujourd'hui, je me dis que je suis triste quand le temps est gris. Les rôles ont changé. Le temps m'influence. Je suis toujours plus agréable en été, plus énergique, plus volubile aussi. En hiver, c'est plus tendre mais c'est moins copieux. On a moins de quoi se rassasier.
« Il pleure sur moi comme il pleut sur mon monde ».

J'ai tourné la tête et j'ai souris. Il y avait de la brume. Juste au ras de l'eau. L'atmosphère avait la fraicheur de l'aube mais l'eau avait gardé sa chaleur de la veille. Elle fumait. Elle dansait. Elle volait. Les arbres observaient tout ça. Et les gens passaient à côté, ne voyaient rien de tout ça. Ces moments où l'on sent seul mais incroyablement bien. Le temps s'arrête. Clic. Et ça recommence.

Parfois je me retourne, je regarde tes yeux. Et je vois tout ça.
2. Lettre adressée. Cela vous sied?

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 07:33

Modifié le jeudi 13 décembre 2007 08:06

Face à face.

Face à face.
« Le jour n'est même pas levé que je m'en vais ».
Elle se répète cette phrase stupide jusqu'à ce que ça bourdonne dans ses oreilles... Elle regarde les immeubles en face. Petite mosaïque de lumières carrées. Blanchâtres, orangées, rosées, de temps en temps. Elle trouve ça beau même si elle ne peut pas s'empêcher de trouver ça triste. La situation peut-être.
Elle frissonne.

Elle aimerait s'allumer une clope pour se réchauffer le gosier mais elle a décidé depuis bien trop longtemps que jamais elle ne fumerait. Ni drogue, ni alcool excessif, juste du sexe ; elle a su très tôt qu'elle serait douée pour ça.

Elle se dit qu'elle aurait mieux fait de pas jouer. Qu'il l'aurait gardée au chaud dans ses bras. Au chaud dans ses draps.


Elle se tenait là devant lui. Fière. Vêtue d'un gros manteau en fourrure noire. Un grand manteau qui ne laissait nues que ses épaules divinement dessinées et ses yeux noirs brûlants. Un manteau qui ne laissait rien dépasser, qui laissait toute la place à l'imagination. Ses longs cheveux flottaient.

« Tu crois que tu es irrésistible ? » lui lança-t-il, d'un coup, comme s'il pouvait ainsi espérer se débarasser de toute l'excitation qui s'amassait malgré lui dans ses veines depuis qu'elle était apparue.
Il aurait préféré qu'elle ne vienne pas. Ne plus la revoir. Il ne la connaissait pas vraiment. Ce n'est pas qu'il n'aimait pas sa compagnie. Mais, elle lui faisait peut.
Il l'avait croisée. Regardée. Dévorée. Il ne pouvait plus décoller ses yeux de sa beauté. Elle le savait. Elle y est habituée. Elle avait fein de s'intéresser à lui et puis elle l'avait ignoré. Il avait fini par se convaincre que c'était peut-être aussi bien pour lui. Jouer avec le feu et se brûler. Il lui avait laissé son numéro de téléphone et son adresse dans un moment de folie. Un moment d'étourderie dirait-il si vous lui demandiez aujourd'hui.
« Bien sûr que je suis irrésistible ». Répondit-elle d'un air assuré. « Cela ne fait que quelques minutes que je suis dans ton champ de vision et combien on parie que tu bandes déjà ? Les femmes sont supérieures aux hommes. Tout simplement parce qu'elles sont plus à même de cacher leurs émotions, leurs intentions. Tu prends le pari ? ».
Il se sentit con et baissa les yeux. Elle sourit. Le sourire de ceux qui savent gagner.
« Tu vois, tel un chien, la queue entre les pattes, tu pâlis déjà. Je n'ai qu'à bouger un peu. Regarde mes cheveux comme ils se mouvent. Regarde mes jambes. Mes belles jambes allongées. Mes épaules. Imagine tout ce que cela peut dissimuler. Approche toi et tu sentiras ce délicieux parfum. Tu ne voudras plus qu'une chose, que je sois tienne. »
Il se leva, comme pour se ruer sur elle. Elle le stoppa net. La main droit devant son nez. L'index de l'interdit. Non, non. Elle le pousse, il se rassoit. Maladroitement. L'esprit est beaucoup trop perturbé pour commander au corps de bien se tenir. La jambe arquée. Seuls les yeux savent où se placer.
Elle recule. A chaque pas qu'elle fait, on croirait qu'elle danse. Elle joint ses mains et commence à débouttoner ce fameux grand manteau. Un à un. Les boutons. Très lentement. Il ne bouge pas. Il ne peux plus bouger. Hypnotisé. Paralysé.
Le vêtement s'affesse peu à peu. Tombe.
Même à moitié nue elle est encore belle. Elle est plus que belle. Elle est indescriptible. Elle s'avance vers lui. Comme si sa vie s'arrêtait. Elle montera sur lui. Comme une déesse qui s'assit sur un siège d'esclave. Elle approchera sa tête de son cou et, il plongera son nez dans ses cheveux. Il pensera qu'il n'avait jamais senti une si bonne odeur. Il ne le pensera pas longtemps.
Il voudra l'embrasser, elle se reculera. Il ne saura plus quoi faire. Elle repoussera toutes ses tentatives. Brisera ses attentes. Mais, elle restera là, sur son trône, comme gelée.
Il ne comprendra plus rien. Finira par la regarder et la pousser. Hors de lui. Hors de sa vie. Il lui tendra son manteau et lui demandera de partir.

Elle se rhabille, lentement. Ferme la porte, doucement. Il s'appuie contre la planche de bois. Laisse tomber sa tête en arrière. Essaye de comprendre ce qui vient de se trâmer. Juste sous ses yeux. Juste sous ses doigts. Elle était là, elle ne l'est plus. Il voudrait pleurer, de l'avoir laissée passer. Il ne veut pas la rattraper. Il est content d'être malheureux.

Elle tire de sa poche intérieure une carte de visite. La glisse sous la porte. Et disparaît.
« Parfois, les choses sont plus belles quand on sait qu'on aurait pu les avoir mais qu'on ne les atteint pas. Ce qui est accessible n'est plus désirable. »

Il cogne du poing sur la porte.
Elle voulait juste qu'il la repousse. Vous comprenez, ça lui arrive tellement peu souvent. C'est bien plus gratifiant.

Elle se sent seule quand même maintenant.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 08:30