Across the universe.

Across the universe.



Dur de se réveiller.
Dur de se lever.
Sans toi.
La terre n'a plus la même façon de tourner.

Il faut pourtant bien mettre un pied devant l'autre.
Comme tous les autres jours.

J'aurais aimé penser qu'il suffisait de se retourner.
Mais, après réflexion.
On met toujours un pied devant l'autre.

Il faudrait n'avoir nulle part où aller.

# Posté le lundi 19 novembre 2007 04:18

Violate me.

Violate me.
« Dans une pièce suffisamment sombre pour que tu puisses me prendre pour n'importe quelle pétasse de tes fantasmes et, suffisamment éclairée pour que tu vois bien que c'est moi qui t'exite. Je te plaquerai contre le mur, bloquerai tes mains, je passerai mes lèvres le long de ton cou et tu me supplieras de te mordre. Je laisserai alors tomber mon manteau de cuir noir et tu banderas pour mes dessous affriolants.
Tu me suivras comme un petit chien au pied du lit sur lequel je te jetterai. J'enlèverai alors ta chemise, ton pantalon et t'attacherai là, écartelé.
Je jouerai lentement de mes doigts sur ton torse. Tu me supplieras de te griffer. Je mordillerai tes tétons, je sucerai tes coins de hanches.
Je jouerai violemment de mes doigts sur ton sexe, t'arracherai ton boxer ridiculeusement noir et te sucerai jusqu'à la moelle.
Pour finir, je t'accorderai le droit ultime de me baiser. Tu rêveras de faire crisser tes dents sur le latex, d'arracher mes dessous trop encombrants. Tu n'auras pas le choix.
Tu jouiras sans précédent.
»

Quand il eut fini de lire ce mail, la bosse plus que prohiminente sous son pantalon, il ne put répondre qu'une chose.

« Où ? Quand ? ».

L'idée de tromper sa femme ne le réjouissait pas plus que ça mais la pauvre avait beau se mettre à quatre pattes, il bandait mou depuis des années. Les sites pornos par milliers ne le satisfaisait plus et seule l'idée de pouvoir rencontrer des « vraies salopes près de chez lui » le faisait triquer.

Elle, fonctionnait par périodes. Elle avait découvert le bondage il y a peu de temps. Elle cherchait des mecs assez tarés pour se faire attacher, et plus si affinités.
Elle s'était dit que tant qu'à faire de se faire baiser autant aussi se faire payer.

Tout se passa exactement comme elle l'avait décrit. Heureusement que les voisins se faisaient rares, il aurait presque trop crié le bougre.
Elle commençait à s'ennuyer. Les aller-retours sur ce jouisseur de premier ordre la fatiguait, elle se rassurait en se disant qu'elle n'aurait plus beaucoup à attendre.

Il y eut un regain d'intérêt quand il lui demanda de l'étrangler « un peu ». Il « avait lu ça dans une revue et sentait que la sauce montait, qu'il fallait battre le fer tant qu'il était chaud ».


Elle ne se rappellait plus vraiment à quel moment elle avait décidé de s'amuser un peu plus. Elle avait juste serré, un peu plus, de plus en plus un peu plus.
Elle avait vu ces yeux se révulser, ses lèvres devenir violettes.
Elle continuait ses va-et-vients, profitait du succédané d'influx nerveux. Comme les oies qui continuent de courir la tête coupée, ce con bandait encore alors même que la mort l'avait trouvé.
Elle eut surement le plus grand des orgasmes qu'elle aurait pu souhaiter.

Et puis, elle se retira.
La vieille chose molle retomba, flasque, comme une huître sur sa coquille.
Il n'était vraiment plus d'aucune utilité désormais.

Elle remit son long manteau et quitta la chambre en claquant la porte, toujours cette théatralité qu'elle jugeait indispensable. Les bons mots, les bons gestes, au bon moment.
Elle était contente de faire ses coups dans des hôtels, elle n'aurait pas à s'encombrer. Ils la retrouveraient pas, ils l'avaient déjà oublié.
La femme de chambre aurait juste le traumatisme de sa vie le lendemain matin, en trouvant un homme lacéré sur le lit du pauvre motel, tout bleu, la bite arrachée et déposée délicatement dans sa bouche, coincée entre ses dents.

Elle s'était dit qu'il avait l'air ridicule avec ce vieux truc morveux qui pendouillait entre les cuisses. C'était par pure sympathie. Il avait plus l'air de quelquechose ainsi. Il était œuvre humaine.

Elle lirait ses exploits dans la presse le lendemain. Apprendrait sans surprise qu'il était père de famille, qu'il laissait derrière lui une femme et trois enfants.

Elle ne regrettera pas. Elle avait déjà soif de recommencer.

# Posté le lundi 19 novembre 2007 04:22

Modifié le mardi 20 novembre 2007 07:23

Tombée amoureuse d'Albane Gellé.

Intégral de "Un bruit en elle"

Mon préféré est à la page 13.

N'hésitez pas à vous balader sur le site, il y a également 2 autres livres d'elle en intégral.

*

Une fille tout glisse sur elle dans la pénombre elle est assise seule elle se sent molle elle dégouline maléable comme les gouttes d'eau elle tombe sur les cailloux elle voudrait mourir le courage elle n'en a pas

*

Un homme comme un chien il attend sous la pluie de la tête aux pieds trempé il a froid comme une pierre il l'attend elle sur le banc devant la porte ne viendra pas

*

Une fille trop vieille pour ça une femme trop jeune elle n'a pas d'âge rien ne ressort quand on la regarde on croirait qu'elle va pleurer elle vit pourtant

*

Un chat ronronnne de ses caresses il rafolle plus que tout il voudrait être humain l'embrasser et pourquoi pas c'est impossible de ronronner il se contente
*

Des textes qu'on pourrait écrire par milliers, des lignes noircir à souhait. Il n'y a plus qu'à s'arrêter, le crayon enlever, les mots effacer et le froid oublier.
Tombée amoureuse d'Albane Gellé.

# Posté le vendredi 23 novembre 2007 12:50

Le lieu du crime.

Le lieu du crime.

Il ne reste plus grand-chose.
Plus grand-chose d'autre que de la terre battue, des barrières renversées, des gouttes rouges perlées et des pleurs sur les visages.
Quand la violence se montre dans son dur habit d'hiver. Brute, froide, glaciale, noire comme la nuit qui les a recouvert ; ils sont arrivés sans remords, sans expressions, sans compassion.
Machines de guerre.
Ils font leur travail... Cela n'empêche que leur travail c'est le mal. Le mal à son état pur, dans les bleux, dans le sang.
Baillonner les voix de la démocraties. Mattraquer les bras qui se lèvent. Bafouer ceux de l'autre côté...

Minute de silence.
Fluide glacial.

# Posté le mardi 27 novembre 2007 13:28

2050 « Réflexion vaine d'un ignorant ».


« Il était une fois un pays peuplé de nombreux moutons, et pour les diriger, il y avait des bergers. Quelques bergers.
Cela faisait longtemps que dans ce pays les bergers ne savaient pas vraiment où aller. Et même s'ils avaient de l'herbe plus verte, aucune mauvaise herbe ; les paturages des autres leur faisaient de plus en plus envie à ces petits moutons. L'idée d'en avoir de pareils les réjouissaient.
Il y avait aussi un problème dans leurs paturages si verdoyants. Tout le monde y criait « au loup » et certains pauvres moutons s'étaient fait dévorer. On pleurait les barrières brûlées, les étables détruites à coup de pattes et de tête. On voulait de l'ordre.

Un jour, un petit berger arriva. On se moqua de lui et on ne le prit pas au sérieux. De sa petite taille, que pouvait-il bien prétendre voir de l'endroit où il faudrait mener les bêtes. Pourtant, avec sa grande dextérité et sa joute verbale aisée, il réussit vite à convaincre tous les moutons de la direction à prendre.
Il instaura l'ordre et la sécurité.
Tous les moutons iraient à droite ou alors le loup les mangerait.
Les moutons n'urent bientôt plus ni l'envie ni le courage d'aller, de regarder, de penser à gauche. Et comme la rationnalisation est merveilleusement étudiée, ils finirent par se dire qu'à droite, tout était plus beau et qu'ils étaient heureux... les pieds dans la boue...
»

[...]

Je m'essaye à penser mais je n'y arrive pas. J'aimerais faire la fiereté de ma grand-mère et lui montrer comment je pourrais assurer la descendance de tout ce savoir qu'elle tache de m'inculquer mais je crains que mes efforts ne soient vains.
Je n'ai pas assez été enseigné à penser. Le savoir, cela n'est plus rentable dans notre société. On fait de la culture marchande. Lire et être cultivé, ça ne fait rien de plus que vous faire perdre du temps, de l'argent, du temps de travail que vous auriez pu faire. Travailler plus pour gagner plus, pour être moins.

La culture ça ne rapporte rien. Le savoir utile, voilà ce qu'on vous apprend à l'école, dès le plus jeune âge, le savoir pratique. On essaye de cibler ce pour quoi vous être doué et non vraiment ce qui pourrait vous plaire et puis, on vous confine la dedans.

Moi, je travaille chez Airwane, la descendante de Airbus. Je passe ma journée à assembler des pièces, pour faire des petits avions pour lesquels notre cher président a ramené de nombreuses commandes. Pleins de petits avions qui partiront dans pleins de petits pays qui ne rêvent que d'une chose, être autant « en avance » que nous. Avoir un peuple aussi avili que pourrait-on demander de mieux.

Bien sûr, on ne nous empêche pas de penser, de réfléchir. Mais, on ne nous l'apprend sûrement pas. Plus dans l'école, pas non plus dans les journaux. A quoi bon faire des articles que la majorité ne comprendrait pas. Seuls les vieux, obsolètes, les liraient. Cela ne serait pas... rentable.

Ceux qui ont réussi à lire des livres, à se forger un intérêt, à discuter avec d'autres peuples sur internet. Ceux là réussissent un minimum à s'élever. Mais, s'ils tentent de se faire connaître, on leur fait gentillement comprendre que leur action « perturbe l'ordre de la société ». Ou bien ils rentrent dans le rang, ou bien ils s'exilent.

Il ne nous reste plus beaucoup de choix aujourd'hui. Mais, cela est bien ce que les gens voulaient.. Une figure patriarcale qui puisse pour eux, penser.

2050	 	« Réflexion vaine d’un ignorant ».

# Posté le vendredi 30 novembre 2007 05:46