Etriqués du bulbe, accidentés de la vie, dénommez les comme vous le souhaiterez mais ils sont tous là, onze aglutinés dans ce minuscule baisodrome à neurones spongifiés, souris à la main, doigt sur le clavier.
D'abord, il y a "pêche à la ligne". Le mec qu'on imagine très bien bedonnant sur une barque frêle, habillé tout de kaki avec le bob étanche sur le crâne vissé. Sans oublier les lunettes sur le bout du nez.
Il a toujours l'air un peu faché, un peu renfrogné. Il gueule toujours sur tout et tout le monde mais dès qu'il y a un problème, jamais de son ressort cela n'est. Il a la vigueur d'un bébé moule et le caractère d'un pit-bull pessimiste.
La semaine prochaine, pêche à la ligne prend des congés pour marier son fils ainé.
Ah oui, il adore lécher aussi... surtout les fesses de ses ainés.
A sa gauche, accent pitoyable. Celui qui spik anglich veri ouel. Lui, c'est le gai luron du club. Celui qui chantonne et fait des compliments aux dames.
Gentil mais un peu trop souriant. Et puis, il doit avoir mal au coude à enfoncer sans cesse ces portes ouvertes.
De l'autre côté, c'est camping - car. Camping-car est une vieille-jeune. Elle est hyper bronzée grâce à son dernier voyage en Tunisie, elle a des mèches blondes - pour cacher ses cheveux blancs - et des petites lunettes très tendance, derrière lesquelles elle plisse quand même les yeux.
Camping-car s'habille jeun's, peut être pour plaire à son mari déjà en retraite depuis trois ans et qui a de ce fait tout son temps pour s'astiquer le manche correctement sur des minettes.
J'imagine très bien qu'elle vendra sa maison pour s'acheter un de ces engins roulants qu'elle posera dans un coin ensoleillé. La chaise longue devant, le chien sur les genoux, en train de lui refaire sa houpette - avec les lunettes de soleil évidemment.
En face d'elle, "tête à claques". La pauvre femme, très gentille au demeurant, a été dotée naturellement de gros yeux, de bouche volumineuse et de regard vitreux. Tout bonnement, de ce fait, on s'attend, à chaque instant, à l'entendre prononcer "Hé ! Mon ami!".
Juste à côté de moi... La camionneuse. La fermeture du pantalon cassée, le jean ouvert, affalée sur son fauteuil avec la grâce d'une poissonière, elle me fait penser à ces gens qui s'enfoncent tellement profond dans le canapé qu'on a toujours peur qu'ils se fassent avaler. En ce moment, la camionneuse peste contre son ordinateur qui ne lui obéit pas, et, elle attend.
La petite superficielle, en face d'elle, avait eu au départ toute mon admiration. Je la croyais normale mais en fait, elle est juste insignifiante. Elle fait encore sa voix de maman poule, toute douce, à ses bambins en études supérieures. Elle s'indigne contre les strings trop omniprésents dans les supermarchés. Elle dit que depuis qu'elle boit son jus d'orange le matin, elle est moins malade en été... Bref...
Mais, ma préférée, c'est quand même "l'électron libre". Telle une mouche cloquée contre la vitre fermée, elle ne sait jamais par où passer mais buzz intensément pour ne jamais s'épuiser. Elle court dans tous les sens, normal, elle est overbookée.
Elle est en compagnie de Jennifer, la potelée au jogging et à la classe de ses baskets usées.
Ils sont la gloire incarnée.
Evidemment y'a aussi la femme aux cheveux rouges mais elle, elle a au moins le mérite d'être un peu stylée.
Enfin, ils ont tous été refourgués ici dans ce service inintéressant qui se résume à taper des chiffres toute la journée. Ils approchent tous plus ou moins de la retraite, et sont bien décidés à passer le temps qu'il leur reste, à en faire, de moins en moins.
Et moi, parmis cette faune sauvage, telle la supuratrice, j'étudie - je comate ?. Je tape mes petits chiffres, en face de mon petit collègue qui du haut de sa grande moustache blanche, passe ses dernières heures à m'aider du mieux qu'il peut. Sympa mais quand même un peu timbré. [Il aurait été prêt à descendre sur Bordeaux pour aller chercher un King Charles :s.]
D'abord, il y a "pêche à la ligne". Le mec qu'on imagine très bien bedonnant sur une barque frêle, habillé tout de kaki avec le bob étanche sur le crâne vissé. Sans oublier les lunettes sur le bout du nez.
Il a toujours l'air un peu faché, un peu renfrogné. Il gueule toujours sur tout et tout le monde mais dès qu'il y a un problème, jamais de son ressort cela n'est. Il a la vigueur d'un bébé moule et le caractère d'un pit-bull pessimiste.
La semaine prochaine, pêche à la ligne prend des congés pour marier son fils ainé.
Ah oui, il adore lécher aussi... surtout les fesses de ses ainés.
A sa gauche, accent pitoyable. Celui qui spik anglich veri ouel. Lui, c'est le gai luron du club. Celui qui chantonne et fait des compliments aux dames.
Gentil mais un peu trop souriant. Et puis, il doit avoir mal au coude à enfoncer sans cesse ces portes ouvertes.
De l'autre côté, c'est camping - car. Camping-car est une vieille-jeune. Elle est hyper bronzée grâce à son dernier voyage en Tunisie, elle a des mèches blondes - pour cacher ses cheveux blancs - et des petites lunettes très tendance, derrière lesquelles elle plisse quand même les yeux.
Camping-car s'habille jeun's, peut être pour plaire à son mari déjà en retraite depuis trois ans et qui a de ce fait tout son temps pour s'astiquer le manche correctement sur des minettes.
J'imagine très bien qu'elle vendra sa maison pour s'acheter un de ces engins roulants qu'elle posera dans un coin ensoleillé. La chaise longue devant, le chien sur les genoux, en train de lui refaire sa houpette - avec les lunettes de soleil évidemment.
En face d'elle, "tête à claques". La pauvre femme, très gentille au demeurant, a été dotée naturellement de gros yeux, de bouche volumineuse et de regard vitreux. Tout bonnement, de ce fait, on s'attend, à chaque instant, à l'entendre prononcer "Hé ! Mon ami!".
Juste à côté de moi... La camionneuse. La fermeture du pantalon cassée, le jean ouvert, affalée sur son fauteuil avec la grâce d'une poissonière, elle me fait penser à ces gens qui s'enfoncent tellement profond dans le canapé qu'on a toujours peur qu'ils se fassent avaler. En ce moment, la camionneuse peste contre son ordinateur qui ne lui obéit pas, et, elle attend.
La petite superficielle, en face d'elle, avait eu au départ toute mon admiration. Je la croyais normale mais en fait, elle est juste insignifiante. Elle fait encore sa voix de maman poule, toute douce, à ses bambins en études supérieures. Elle s'indigne contre les strings trop omniprésents dans les supermarchés. Elle dit que depuis qu'elle boit son jus d'orange le matin, elle est moins malade en été... Bref...
Mais, ma préférée, c'est quand même "l'électron libre". Telle une mouche cloquée contre la vitre fermée, elle ne sait jamais par où passer mais buzz intensément pour ne jamais s'épuiser. Elle court dans tous les sens, normal, elle est overbookée.
Elle est en compagnie de Jennifer, la potelée au jogging et à la classe de ses baskets usées.
Ils sont la gloire incarnée.
Evidemment y'a aussi la femme aux cheveux rouges mais elle, elle a au moins le mérite d'être un peu stylée.
Enfin, ils ont tous été refourgués ici dans ce service inintéressant qui se résume à taper des chiffres toute la journée. Ils approchent tous plus ou moins de la retraite, et sont bien décidés à passer le temps qu'il leur reste, à en faire, de moins en moins.
Et moi, parmis cette faune sauvage, telle la supuratrice, j'étudie - je comate ?. Je tape mes petits chiffres, en face de mon petit collègue qui du haut de sa grande moustache blanche, passe ses dernières heures à m'aider du mieux qu'il peut. Sympa mais quand même un peu timbré. [Il aurait été prêt à descendre sur Bordeaux pour aller chercher un King Charles :s.]



