Elle arrive dans vos vies et enflamme tout.
Tout n'est plus qu'incandescence. Vous y voyez beaucoup plus clair mais vous ne pouvez pas vous empêcher de courir dans tous les sens, de crier à tout va. Alors que vous pourriez juste en profiter. De toute façon, vous y laisserez votre peau.
Elle est entrée dans votre maison comme on passe le pas d'une maison, tout innocemment. On comprend maintenant pourquoi certains se barricadent à double tour. Vous auriez peut-être du réfléchir plus longtemps.
A première vue, une allumette, c'est inoffensif. On se dit, de toute façon, faut quelquechose pour la craquer... Et puis, au bout de quelques instants, vous lui offrirez ce grattoir tant chérit. Vous prétextez que vous aimez la voir se consumer, que vous voulez allumer une petite bougie, voir un peu dans l'obscurité, que vous ne vous brûlerez pas...
Elle est si belle. De sa petite flamme, elle illumine votre visage. Vous ne voulez plus la lâcher.
Elle commence à vous brûler la chaire. La couche externe s'envole, s'éparpille. Vous laissez choire et là, tout s'attise.
Vous trouvez même ça joli. Vous restez sans connaissance. Vous ne vous précipitez pas. Tout s'enflamme et ça vous ravit. Tout le monde s'agite autour de vous, vous prévenir, vous ne bougez toujours pas.
Hypnotisé par les flammes qu'elle a créées, vous ne vous rendez même pas compte qu'elle a filé.
Elle se contente des étincelles mais anime un peu trop de feux.
Elle ne se retourne même pas pour voir son œuvre. Trop chaud pour elle. Ca ne l'intéresse pas. Elle vous laisse dépérir, mais pense bien qu'elle en est désolée. Vous auriez pu courir et éviter les flammes, comme vous êtes naïf à vous brûler.
Poser sa main sur la plaque et se convaincre qu'on ne finira pas cramée.
